SAISON 2017-2018
Le 28 septembre 2017
A.Menard: «Plutôt cohérents»

Leaders Cup – Le coach Rouennais livre ses impressions suite à la victoire de mardi.
 
Après une préparation encourageante, l’effectif du Rouen Métropole Basket, presque entièrement constitué cet été, a décroché une première victoire ce mardi en Leaders Cup face au STB Le Havre (77-66). Le nouvel entraîneur Alexandre Menard ne pouvait pas espérer meilleurs débuts au Kindarena et dresse la liste des points à peaufiner pour la suite. Entretien. 
 
Alexandre, on suppose que tu as plusieurs motifs de satisfaction après cette victoire ?
Alexandre Menard : « Oui, nous avons été relativement cohérents même si je regrette les 15 balles perdues. Nous avons eu beaucoup de situations de un contre un et nous voulions vraiment les attaquer individuellement, ce que l’on a plutôt bien fait. Il y a des motifs de satisfaction oui, certes, mais en même temps je ressens encore beaucoup de points sur lesquels on peut travailler et je ne suis pas inquiet sur ce qu’il va nous arriver dans l’avenir, on n’est pas prêts de s’ennuyer ! ».
 
Quels sont encore les points à travailler selon toi ?
A.M. : « La cohérence défensive. Là où je suis très satisfait c’est que nous n’avons pris que 66 points, ce qui est très positif. Sur les matchs amicaux nous n’avions jamais réussi à mettre des équipes en dessous de 70 points. Cela dit je n’oublie pas que Le Havre jouait sans son back-up à la mène ni même son poste 5 américain, donc je relativise quand même beaucoup. Quand je parle de cohérence défensive cela concerne aussi les fondamentaux techniques que l’on ne possède pas encore. Il y a deux ou trois petits détails qui pourraient nous faire encore franchir un cap, parce que nous avons dépensé beaucoup d’énergie et parfois à tort et à travers. Alors je ne vais pas le reprocher à mon équipe, mais j’aimerais qu’ils soient dans l’intensité de manière un peu plus intelligente ».
 
Cette équipe a donc les qualités et les défauts de la jeunesse ?
A.M. : « C’est exactement ça on est en plein dedans ; une débauche d’énergie de tous les instants, une activité que je veux la plus haute possible, mais en même temps j’aimerais que l’on acquiert un peu plus de QI basket. J’aimerais que l’on soit plus tous sur la même page, que l’on ait tous le même plan dans la tête et pas qu’il y en ait un qui fasse un exploit individuel ou un pari. C’est ce que j’entends par cohérence défensive, ce côté où cela se synchronise un petit peu mieux, où les gestes techniques sont mieux maîtrisés, pour que cela nous permette de sauver de l’énergie pour ensuite courir ».
 
Avec une moyenne d’âge de 20-21 ans à un moment donné sur le parquet, on peut dire que tu vas au bout de tes idées ?
A.M. : « Ce qui est intéressant dans la jeunesse c’est qu’il y a une activité mais aussi une soif d’apprendre, et quelque part si ces gens-là ne sont pas sur le terrain c’est difficile pour eux d’apprendre. Il faut donc parfois les mettre dans la difficulté ; on n’apprend pas dans la facilité, on apprend lorsque c’est un petit peu difficile. C’est vrai que l’on s’est mis parfois dans des situations délicates, notamment lorsque Le Havre est revenu à deux points. Il a fallu remettre entre guillemets les cadres de l’équipe, mais je pense que ces minutes-là seront bénéfiques. Bien sûr, on va faire un feedback, reprendre les joueurs un par un, leur montrer des choses, mais c’était important pour les jeunes aussi d’avoir des moments « allez-y, vous êtes les maîtres du jeu, il faut montrer ce que vous savez faire » pour essayer d’avoir un peu plus de QI et de lucidité ».
 
« VARANAUSKAS, UN VRAI RELAIS DU COACH »


 
Pour encadrer ces jeunes, Varanauskas a-t-il répondu à tes attentes ?
A.M. : « Ovi c’est la première personne que nous avons recruté. Pour être honnête, la saison dernière au Mans, j’étais frustré par mon meneur de jeu et donc j’avais vraiment envie cette année de prendre quelqu’un qui soit comme un ordinateur. Ovi quand il est comme ça, quand il met ses tirs, il est très intéressant et c’est un vrai relais du coach. Il y a des fois où je n’ai pas besoin de lui parler car il sait déjà ce qu’il doit faire, il anticipe même sur ce que je vais lui dire. Donc ça c’est essentiel pour moi, ça me permet de me concentrer sur d’autres points. Et puis entre un meneur et un coach il y a besoin d’une grande confiance. Il sait qu’il a ma confiance et je sais que j’ai la sienne, et ça pour nous c’est très important. En plus il a été adroit, il a été clutch, il a défendu très fort, pourvu que ça dure ».
 
Emmanuel Monceau a eu du temps de jeu et des responsabilités aussi, tu places beaucoup d’espoirs dans ce joueur ?
A.M. : « Avec Manu c’est une histoire particulière. Il arrive de Challans, là où j’ai été assistant il y a 10 ans maintenant. Il m’a été chaudement recommandé par les gens du club et nous avons décidé de prendre le pari sur lui, de le faire signer deux ans car c’est un joueur que l’on veut développer. Moi je pense qu’il est « body ready » pour la Pro A sur un poste 3, mais il a énormément de marge de progression parce qu’au niveau basket il a beaucoup de choses à apprendre. En revanche, son énergie, son impact défensif, quand il coupe les lignes de passes, quand il prend des rebonds ou quand il court, c’est très intéressant. Il a été lancé un peu plus que les autres pour la simple et bonne raison qu’Obi Emegano était blessé (ndlr : légère entorse) et a profité d’un peu plus de temps de jeu. Il a même joué sur le poste 4 à un moment donné, ce que l’on avait fait pendant la présaison. C’est quelqu’un que j’ai vraiment envie de voir progresser, de réussir, mais je veux qu’il ailler le chercher, qu’il continue de travailler. C’était une bonne occasion pour lui de montrer ce qu’il pouvait faire, il a eu un grand impact sur le plan défensif. Maintenant il a beaucoup de fondamentaux à apprendre, défensifs et surtout, je pense, offensifs ».
 
Un premier succès en compétition officielle, c’est toujours bon à prendre ?
A.M. : « Moi je suis très content pour le club, pour le staff, pour tout le monde. Encore une fois, sans minimiser la victoire, le STB était diminué. J’ai toutefois l’impression que les deux équipes ont joué ce match de Leaders Cup pour le gagner, ce qui est positif car cela nous donne de vrais matchs. Nous de notre côté on s’est un peu plus révélé par rapport à ce qu’on avait pu faire face à Brissac, et nous avons aussi montré un peu plus de choses. On avait besoin de travailler après cette défaite et on l’a plutôt bien fait. On va voir maintenant peu de temps pour préparer Lille mais on va essayer d’aller faire un petit quelque chose là-bas en sachant qu’on aura encore une semaine derrière pour travailler ; j’espère qu’on en profitera pour peaufiner encore tous ces ajustements car encore une fois 66 points encaissés, je signe tous les jours pour que cela soit comme ça à chaque match ».


Le RMB se déplace sur le parquet de Lille ce vendredi à 20h (Leaders Cup, 3ème journée).



 


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 Photos: Ann-Dee Lamour / CDP Media